
Album rarissime : les
débuts de Tome et Janry, Christian Durieux
et Bruno Senny dans le 9ème Art. Edité
en 1980 par le cours de BD de l’école
des arts de Woluwe st Pierre, 500 exemplaires, 60
pages.
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Baudruche,
maison fondée en 1978 au cours du soir de bande
dessinée de l’Ecole des Arts de Woluwé-St-Pierre...
Une bande de joyeux potaches frottait ses fonds de culottes
d’adolescents sur le triplex verni des chaises
communales. Certains noms de ces amoureux du genre ont
percé, preuve que l’enseignement dispensé
plaisait au point de leur mettre le pied à l’étrier.
Citons notamment Tome et Janry, Steph, Georges Remi,
Bernard Swissen, Christian Durieux, Fred Burton, Bruno
Senny… Pardon pour les autres. Et remercions celui-là
: Guy Brasseur, le prof, tout en gentillesse, la vraie,
celle qui ne rime pas avec naïveté.
Il fallait créer un personnage ? Alors Bruno
Senny le fit à l’inverse de lui-même
: gros, chauve, avec une charge touffue sous le pif,
façon gauloise... Baudruche faisait ses premiers
pas, l’auteur scénarisait et dessinait
ses tribulations policières. “Tout ça
est fait à la main, Madame” plaisantait
le grand Jijé. A cette époque, une fois
l’an, les élèves affrontaient en
joutes amicales leurs prestigieux aînés
: Dupa, Walthéry, Francis, Christian Denayer,
Will… Sans prétention, pour le plaisir,
durant 20 ans, Bruno Senny aligna des cases au hasard
de ses temps libres. Il pensait comme Flaubert : “La
vie n’est tolérable qu’avec une marotte”.
Douze enquêtes, allant parfois jusqu’à
41 planches, eurent raison de sa patience. L’aspect
fastidieux du dessin ne lui convenait plus, il se consacra
à l’écriture. Les synopsis qui garnissaient
sa table de nuit, purgatoire obligé avant de
passer au dessin, furent retravaillés en prose
pure. Parce que les goûts et les plaisirs évoluent.
Je suis Château Belair aujourd’hui, n’évoluerais-je
pas Cheval Blanc demain ? Cette interrogation –
toute Baudruchienne – nous conduit à vous
présenter le phénomène. Costaud,
la boule à zéro, des bacchantes ridicules,
nous l’avons dit. Pour compléter l’esquisse,
nous y ajouterons : fine gueule. Les mets les plus fins,
les plus mythiques comme un œuf sur le plat ou
une caille en sarcophage, trouvent preneur chez cet
ogre sympathique. Et plutôt deux fois qu’une.
En cela, il applique à la lettre sa devise :
“On ne sait jamais”, sous-entendu “prenons
nos précautions”. Non peut-être !
Le pauvre est rentier, mais il assume avec courage ce
coup du sort, partageant ses journées entre lecture,
sieste, gastronomie et randonnée. Pas de quoi
faire un héros. Oui, mais voilà, Baudruche
a le virus de l’investigation. Analyser, interroger,
enquêter, fureter. Résoudre des énigmes,
confondre des malfrats... Le monde étant ce qu'il
est, notre héros ne sait pas où donner
de la tête ! A sa connaissance, il n’est
affligé d’aucun défaut. Mais vous
a-t-on dit qu’il portait une double couche de
mauvaise foi ? |